Mon chien tire en laisse : ce qui marche vraiment

Mon chien tire en laisse : ce qui marche vraiment

Vous ouvrez la porte, il part. Le bras tendu, la laisse raide comme un câble de remorquage, et vous voilà à faire du ski nautique sur le trottoir pendant qu’il a déjà oublié que vous étiez au bout.

C’est un des problèmes les plus courants de la balade quotidienne, et c’est aussi celui sur lequel on lit le plus de raccourcis : achetez ce harnais, le chien arrête de tirer. Ce n’est pas comme ça que ça se passe. Un bon équipement change la physique de la balade et le confort des deux côtés de la laisse ; ce qui change le comportement, c’est ce que vous faites pendant les dix minutes qui suivent.

Pourquoi votre chien tire

Ce n’est ni de la dominance, ni un caractère difficile. Il y a trois raisons simples, et elles se cumulent.

Parce que ça marche. Il tire, il avance, il arrive au poteau qui l’intéresse. Le comportement est payé à chaque sortie, plusieurs fois par sortie, depuis des mois. C’est de loin la raison principale.

Parce que son allure n’est pas la vôtre. Un chien qui trottine se déplace nettement plus vite qu’un humain qui marche. Le laisser régler la balade sur votre rythme lui demande un effort réel, surtout quand il est jeune.

Parce que la tension appelle la tension. Quand vous retenez, il s’appuie. C’est mécanique et c’est réciproque : deux corps qui se contrent finissent tous les deux en appui. La laisse molle est un signal aussi fort que la laisse tendue, dans l’autre sens.

Ajoutez à ça une sortie par jour, courte, où tout le programme olfactif de la journée doit tenir en vingt minutes, et vous obtenez un chien pressé.

Ce qu’un harnais ne fera pas

Autant le dire tout de suite : aucun harnais n’apprend à votre chien à marcher en laisse détendue. Un harnais anti-traction ne supprime pas la traction, il la rend supportable et moins nocive. C’est déjà beaucoup.

Ce qu’il fait réellement :

  • il répartit l’appui sur le poitrail et le sternum au lieu de la trachée ;
  • avec un anneau ventral, il oriente le chien vers vous quand il pousse en avant, au lieu de lui donner un point d’appui bien droit ;
  • il vous rend la main : moins de à-coups dans l’épaule, plus de contrôle sur les trois mètres qui comptent, le croisement, le vélo, la porte du boulanger.

Ce qu’il ne fait pas : décider à la place du chien. Si tirer continue de payer, il continuera de tirer, simplement avec moins de dégâts sur sa gorge et sur votre poignet.

Les trois exercices qui changent quelque chose

Aucun n’est spectaculaire. Tous fonctionnent à condition d’être faits court et souvent, pas longtemps et une fois par mois.

1. La laisse tendue ne paie plus. Dès que la laisse se tend, vous vous arrêtez. Pas de rappel, pas de mot, pas de traction en arrière : vous devenez un arbre. Le chien finit par relâcher, ne serait-ce qu’un instant, et là vous repartez. Vous venez de lui dire, sans un mot, que la laisse molle est le seul bouton qui ouvre la balade. Les premières séances sont pénibles, vous avancerez de trente mètres en dix minutes. C’est normal, et c’est la partie qui décourage la plupart des gens.

2. Le demi-tour tranquille. Quand il part devant et que l’arrêt ne suffit plus, faites simplement demi-tour et repartez dans l’autre sens, sans à-coup et sans commentaire. Il apprend qu’il ne choisit pas la direction. À faire quelques fois, pas quinze fois d’affilée : au-delà, la balade devient un ping-pong et il décroche.

3. Payer la bonne position. Le plus oublié des trois. Quand il est à votre hauteur, laisse molle, vous marquez : un mot, une friandise à la couture de votre pantalon, une caresse pour ceux qui travaillent sans friandise. On corrige beaucoup et on récompense peu ; c’est pour ça que ça n’avance pas.

Faites-le sur cinq à dix minutes, dans une rue calme, avant le repas plutôt qu’après, et gardez la vraie sortie défouloir séparée. Un chien qui n’a jamais l’occasion de courir n’apprendra pas à marcher au pas.

L’équipement qui aide, celui qui gêne

Un harnais en Y. La sangle contourne la base du cou et laisse les pointes d’épaules libres. C’est la forme qui gêne le moins le mouvement de l’avant-main, et c’est celle qu’on garde quand on marche longtemps. Les modèles avec un anneau ventral en plus de l’anneau dorsal donnent une option de plus les jours où il est électrique.

Une laisse fixe de 1,50 à 2 mètres. Pendant l’apprentissage, rangez l’enrouleur. Une laisse à enrouleur maintient une tension permanente : elle apprend exactement l’inverse de ce que vous cherchez. Pour l’exploration libre en terrain dégagé, une longe de 5 mètres fait bien mieux le travail.

À éviter. Le collier étrangleur et le collier à pointes règlent la traction par la douleur et laissent souvent un chien qui tire toujours, en anticipant la gêne. Côté harnais, méfiez-vous des modèles bon marché dont la sangle passe en travers de la pointe d’épaule ou vient se serrer sous les aisselles : ils freinent, effectivement, en gênant la foulée. Un harnais qui fait boiter n’est pas une solution.

Le réglage compte autant que le modèle

La moitié des harnais qui « ne vont pas » sont mal taillés ou mal réglés. Trois repères simples :

  • la sangle de poitrail passe derrière les coudes, jamais dans le creux de l’aisselle ;
  • la pièce en Y se pose sur le sternum, pas sur la trachée ;
  • vous devez glisser deux doigts à plat sous chaque sangle, ni plus ni moins.

Si le harnais tourne sur le dos pendant la marche, il est presque toujours trop grand d’une taille : le mètre ruban et la méthode de mesure sont dans le guide des tailles. Mesurez-le pendant qu’il mange, c’est le seul moment où il tient tranquille.

Combien de temps ça prend, honnêtement

Comptez en semaines, pas en week-ends. Un chien adulte qui tire depuis deux ans a deux ans de répétitions derrière lui ; il ne les efface pas en trois sorties. Attendez-vous aussi à des reculs : l’adolescence, un déménagement, la saison des chats dans le quartier. Ce n’est pas un échec, c’est la courbe normale.

Ce qui accélère vraiment les choses : la constance de tous les humains de la maison. Si l’un s’arrête à chaque tension et que l’autre se laisse remorquer, le chien apprend surtout à trier les humains.

Pour la balade urbaine quotidienne, le rayon En ville, en laisse regroupe colliers, laisses et harnais taillés pour le trottoir ; pour les sorties longues et les sentiers, c’est du côté Rando, trail & boue que ça se passe.

Mauvaise taille ? Le mètre ruban est dans le guide des tailles, et vous avez 14 jours pour l’échanger.